La Cen-Sad se relance à N’Djamena (SYNTHESE)

N’DJAMENA, 13 avril (Xinhua) — Réunis samedi dans la capitale tchadienne, les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad) ont pris d’importantes mesures pour relancer l’institution en hibernation depuis six ans, dont la délocalisation de son organe exécutif.

Compte tenu de la situation d’insécurité qui s’accentue en Libye, pays de siège statutaire de la Cen-sad, la conférence des chefs d’Etat a décidé du transfert provisoire du siège du secrétariat de l’organisation de Tripoli à N’Djamena. En plus, la conférence a décidé de la nomination aux postes de secrétaire exécutif et de son adjoint, pour un mandat de quatre ans, de deux cadres respectivement du Niger et du Maroc dont les noms seront communiqués par les pays concernés au président en exercice de la Cen-Sad.

Dans une déclaration spéciale, les chefs d’Etat se sont exprimés sur les situations socio-politiques et sécuritaires dans certains pays de la Cen-sad. Ils ont appelé toutes les parties libyennes à observer un cessez-le-feu immédiat et à relancer le dialogue selon le plan d’action des Nations Unies. Ils ont recommandé le dialogue et la concertation en vue de l’instauration d’une transition pacifique au Soudan. Au Mali, ils ont mis en garde contre les violences intercommunautaires qui représentent une menace sérieuse à la sécurité. Sur la République centrafricaine, ils ont salué l’évolution rassurante de la situation grâce à l’initiative africaine qui pour la paix et la réconciliation.

Présent au sommet de N’Djamena, le président de la commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat a bien résumé les maux auxquels font face les pays de la Cen-Sad: le terrorisme, l’extrémisme violent, le mercenariat, la contrebande, la criminalité transnationale, le commerce illicite des armes, le trafic des êtres humains, le changement climatique, etc.

« L’Afrique est un continent où la paix et la stabilité sont menacées, plus particulièrement dans sa zone sahélo-saharienne. L’imbroglio libyen, la situation au nord Mali, au Burkina, au Niger, la menace Boko Haram et son corollaire de détresse humanitaire dans le bassin du lac Tchad, etc. nous rappellent sans cesse l’ampleur des défis à relever », a déclaré M. Faki, également ancien chef de la diplomatie tchadienne.

Les chefs d’Etat ont également assigné une feuille de route précise à la nouvelle équipe pour élaborer et soumettre, dans un délai relativement court, un plan d’action à faire approuver par le Conseil exécutif (c’est-à-dire les ministres des Affaires étrangères) par délégation de la conférence des chefs et de gouvernement. Parmi les priorités du nouveau secrétaire exécutif figure la question des arriérés de contributions des Etats membres, accumulés sur une longue période. Il devra fixer les modalités pratiques de leur apurement suivant un échéancier précis.

La Cen-sad a été créée en 1998 à Tripoli en Libye à l’issue du sommet réunissant les chefs d’Etat de la Libye, du Mali, du Niger, du Soudan et du Tchad; le président du Burkina Faso y était représenté. Elle s’est élargie et compte aujourd’hui 29 Etats.

La Cen-Sad se relance à N’Djamena (SYNTHESE)

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *