Trump, l’OMS et le prétexte du Covid-19

par Zouhir Mebarki.

Déconstruction.

La décision du retrait américain de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’étonne pas les observateurs avertis. Même si, officiellement, elle est motivée par le traitement préférentiel de la Chine dans la pandémie de Covid-19, en réalité elle fait partie du programme du président Trump depuis son installation à la Maison-Blanche.

Un programme dont il n’avait, d’ailleurs, pas fait mystère lors de sa campagne électorale.

Le président américain ne veut plus du multilatéralisme dans sa forme actuelle. Il faut juste se rappeler de son retrait de l’Unesco, du Conseil des droits de l’homme, de l’accord de Paris sur le climat, de celui sur le nucléaire iranien, etc. Et s’il n’a pas encore franchi le pas s’agissant de l’Otan, il faut malgré tout prendre au sérieux sa remarque sur la contribution financière des pays membres. C’est un pas en attendant l’opportunité.

Tout comme pour le FMI et la Banque mondiale où le blocage du renouvellement des cadres tend vers le même objectif.

Idem pour l’OMC qui a contraint l’Union Européenne à penser de créer une cour d’appel temporaire pour contourner le blocage.

Trump va jusqu’à remettre en question l’ONU. Dans la crise avec la Corée du Nord il n’a à aucun moment sollicité le Conseil de sécurité.

C’est un programme réfléchi avec un timing intimement lié à la conjoncture. Dans sa déclaration de retrait de l’OMS, Trump a précisé qu’il orientera dorénavant le financement américain vers d’autres associations sans dire lesquelles. Ce qui revient à dire qu’il n’est pas contre le multilatéralisme de manière absolue mais tel qu’il est depuis la Seconde Guerre Mondiale. Il faut relever qu’il ne s’embarrasse pas des résolutions des Nations Unies qu’il ignore superbement.

Les exemples du transfert de son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem et son soutien à l’annexion des territoires palestiniens annoncée par Netanyahu ne sont que les plus visibles. L’Allemande Angela Merkel l’a bien compris en déclinant l’invitation de se rendre à Washington pour le G7. Reste le président français qui ne cesse de se battre pour obtenir le maintien du multilatéralisme. Pour ne pas sombrer dans « le chacun pour soi ».

Ce qui n’a pas l’air de faire changer d’avis Trump qui continue à dérouler sa feuille de route. Il est clair que Trump n’arrivera pas à enterrer le multilatéralisme au cours de son premier mandat. Par contre, s’il est réélu, le 3 novembre prochain, il réussira!

source : http://lexpressiondz.com 

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